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L’article 286 du CGI impose aux assujettis à la TVA qui enregistrent les paiements de leurs clients à l’aide d’un logiciel de comptabilité, de gestion ou d’un système de caisse, d’utiliser, depuis le 1er janvier 2018, une solution garantissant l’inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l’archivage des données, afin de permettre un contrôle fiscal efficace.
Pour se conformer à cette obligation, les assujettis doivent fournir un certificat délivré par un organisme accrédité ou, jusqu'à présent, une attestation individuelle de l’éditeur du logiciel, y compris pour les solutions développées en interne ou en open source. En cas de non-respect, une amende de 7 500 € est appliquée par logiciel ou système non certifié, avec obligation de régularisation.
Toutefois, la loi de finances pour 2025 supprime la possibilité de justifier la conformité par une simple attestation de l’éditeur. Désormais, tous les opérateurs doivent impérativement obtenir une certification auprès d’un organisme accrédité, tels que l’AFNOR ou Infocert.
Ce point doit être anticipé dès lors que la fin de l'attestation est applicable depuis le 15 février 2025.
Les implications pour les opérateurs français sont nombreuses.
Un logiciel ou système de caisse est une solution informatique intégrant une fonctionnalité spécifique permettant l’enregistrement des paiements reçus en contrepartie d’une vente de biens ou de services. Il se distingue par sa capacité à mémoriser ces encaissements de manière extra-comptable, c’est-à-dire sans générer automatiquement une écriture comptable correspondante. À l’inverse, un logiciel qui déclenche systématiquement et instantanément une écriture comptable, sans intervention humaine, ne relève pas de cette définition.
Tous les logiciels ou systèmes permettant l’enregistrement des règlements clients, quel que soit le mode de paiement (espèces, chèques, cartes bancaires, virements, prélèvements…), sont concernés par cette obligation. Cela inclut également les logiciels accessibles en ligne ou intégrés à des plateformes cloud.
Depuis le 1er janvier 2018, les professionnels assujettis à la TVA utilisant un logiciel ou système de caisse doivent s’assurer de sa conformité aux exigences d’inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d’archivage des données. Cette conformité doit être justifiée par une certification délivrée par un organisme accrédité ou, jusqu’en 2025, par une attestation de l’éditeur du logiciel.
Dans le cas des logiciels multifonctions (comptabilité, gestion, encaissement), seuls les modules de caisse sont soumis à cette obligation de certification, et non l’ensemble du logiciel. Ainsi, les fonctionnalités comptables et de gestion commerciale intégrées à ces logiciels ne sont pas concernées, sauf si elles incluent une fonction de caisse enregistreuse ou d’encaissement.
Sans que cette liste soit limitative, sont soumis à l’obligation de sécurisation :
En revanche, les bornes de commande sans fonction de règlement ainsi que les terminaux de paiement seuls ne sont pas soumis à cette obligation.
Certains assujettis bénéficient d’une tolérance administrative et sont dispensés de l’obligation de sécurisation, notamment :
Par conséquent, un site e-commerce acceptant uniquement des paiements via un établissement bancaire agréé peut être exempté, tandis qu’un commerçant offrant plusieurs modes de paiement (espèces, chèques, cartes prépayées…) reste soumis à l’obligation.
Cette exclusion ne couvre pas certaines plateformes établies hors de France (Paypal par exemple).
Les logiciels ou systèmes de caisse dits "libres" ou développés en interne sont également concernés par l’obligation de sécurisation.
Un logiciel libre est un logiciel dont les utilisateurs ont la possibilité de modifier et distribuer le code source.
Un logiciel développé en interne est conçu par l’assujetti lui-même, par une société du groupe ou par un prestataire externe.
Dans tous les cas, les modifications apportées à un logiciel déjà certifié ne doivent ni altérer ni compromettre le respect des conditions d’inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d’archivage des données liées aux paiements. Ainsi, les développements ne doivent pas altérer les fonctionnalités de logiciel de caisse.
L’obligation d’utiliser un logiciel ou un système de caisse sécurisé, conformément au 3° bis du I de l’article 286 du CGI, s’applique aux assujettis à la TVA, qu’ils soient personnes physiques ou morales, de droit privé ou de droit public, qui réalisent des livraisons de biens ou des prestations de services ne donnant pas lieu à facturation obligatoire au sens de l’article 289 du CGI (BOI-TVA-DECLA-30-20-30). Ce dispositif concerne tous les secteurs d’activité dès lors que ces assujettis utilisent un logiciel ou un système de caisse.
Sont exclus :
Conformément au 2 du II de l’article 286 du CGI, ne sont pas soumis à cette obligation :
Pour illustration,
Les logiciels et systèmes de caisse doivent assurer l’enregistrement et la préservation des données relatives aux transactions commerciales, qu’il s’agisse de ventes de biens ou de prestations de services. Cette obligation couvre l’ensemble des informations liées à la réalisation et au suivi d’une transaction, y compris celles permettant de garantir l’intégrité et la traçabilité des opérations enregistrées.
Ainsi, les données concernées incluent les informations essentielles de la transaction, telles que :
Par ailleurs, les logiciels doivent également stocker les données assurant la traçabilité et la fiabilité des enregistrements, notamment celles destinées à la création d’archives conformes aux exigences réglementaires.
Les transactions effectuées en mode test ou formation, via un simulateur intégré au logiciel, doivent également être enregistrées et sécurisées.
Le logiciel doit empêcher toute modification ou suppression des données enregistrées sans qu’une trace ne soit conservée. Toute correction doit se faire via des opérations de compensation ("plus" et "moins"), sans altération directe des données d'origine.
La garantie d'inaltérabilité repose sur :
Le logiciel doit protéger les transactions enregistrées ainsi que les justificatifs émis. Cette protection vise à assurer :
Une attention particulière est portée aux modes test et formation, qui doivent être clairement identifiés pour éviter toute confusion avec de véritables transactions.
Toutes les transactions, y compris leurs détails ligne par ligne, doivent être conservées pour une durée minimale de six ans.
Le logiciel doit prévoir :
Les entreprises utilisant des systèmes centralisés doivent garantir la transmission et la conservation des données enregistrées sur un serveur sécurisé.
Le logiciel doit permettre l’archivage des données sur une base périodique, au minimum annuelle.
L’archivage a pour but de :
Les archives peuvent être conservées au sein du logiciel ou sur un support externe sécurisé (clé USB, disque dur externe, serveur distant). Avant toute purge des données, un fichier d’archivage complet doit être généré.
En cas de non-respect des obligations, une amende de 7 500 € par logiciel ou système non conforme est appliquée, avec obligation de mise en conformité sous peine de sanctions supplémentaires. L’administration fiscale peut exiger à tout moment l’accès aux enregistrements et aux archives des transactions.
Faute de production d’un certificat, l’opérateur a 60 jours pour démontrer qu’il remplissait les conditions prévues par la loi. Il est donc, dorénavant, impossible en pratique de se faire certifier dans ce délai.
Jusqu’en 2025, les professionnels assujettis à la TVA utilisant un logiciel ou un système de caisse pouvaient justifier de sa conformité aux exigences légales soit par une attestation individuelle délivrée par l’éditeur du logiciel, soit par une certification obtenue auprès d’un organisme accrédité (AFNOR ou Infocert).
Cependant, la loi de finances pour 2025 met fin à cette possibilité d’attestation par l’éditeur lui-même. Désormais, seule la certification délivrée par un organisme accrédité sera reconnue comme preuve de conformité.
Les éditeurs de logiciels de caisse doivent faire certifier leurs solutions par un organisme agréé. Cette certification garantira le respect des exigences d’inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d’archivage des données imposées par l’administration fiscale.
Les assujettis qui utilisent encore un logiciel ou un système de caisse uniquement attesté par l’éditeur devront s’assurer avant 2025 que leur solution a bien été certifiée par un organisme accrédité.
⚠️ À défaut, en cas de contrôle fiscal, l’entreprise s’expose à une amende de 7 500 € par logiciel ou système non conforme, avec obligation de régularisation.
Les assujettis doivent anticiper cette évolution en prenant les mesures suivantes :
• Vérifier auprès de leur éditeur si leur logiciel est en cours de certification et demander un certificat officiel délivré par un organisme agréé.
• Si leur logiciel ne peut être certifié, envisager une migration vers une solution conforme avant l’entrée en vigueur de l’obligation.
• Mettre à jour les contrats et engagements avec les éditeurs pour s’assurer du maintien de la conformité aux exigences fiscales.
Les entreprises utilisant un logiciel développé en interne ou un logiciel libre devront soit obtenir une certification pour leur propre solution, soit adopter un logiciel déjà certifié pour éviter tout risque de non-conformité.
Avocat associé
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